Aïda Bruyère - Never Again

Date affichée
Du 26 novembre 2021 au 20 mars 2022

Aïda Bruyère - Never Again

Palais de Tokyo

Visuel
Aïda Bruyère, Lui, 2019. Vue de l’exposition « Dans les griffes du pangolin », 494 (Bruxelles), 2019. Courtesy de l’artiste. Crédit photo : Julien Sirjacq © Adagp, Paris, 2021
Aïda Bruyère, Lui, 2019. Vue de l’exposition « Dans les griffes du pangolin », 494 (Bruxelles), 2019. Courtesy de l’artiste. Crédit photo : Julien Sirjacq © Adagp, Paris, 2021

À travers des installations et des éditions réalisées en collaboration, Aïda Bruyère sonde l’expression des corps dans l’espace social et les constructions des identités dans les contre-cultures urbaines. Pour sa nouvelle installation aux allures de boîte de nuit fermée et délaissée, elle convoque plusieurs femmes dont les représentations et les actions manifestent des formes d’émancipation et d’autonomisation.​

Aïda Bruyère, jeune artiste française ayant grandi au Mali, fonde sa pratique sur l’image. Issues de différentes sources, transformées puis démultipliées et présentées à l’échelle d’un mur ou d’un livre, les images sont l’outil de prédilection de l’artiste pour aborder les enjeux liés au corps et à ses constructions dans l’espace social. Depuis sa première série de photographies, une fiction imaginée à partir de la vie excentrique d’un malien fortuné, jusqu’à ses recherches récentes sur le twerk et les battles de dancehall, un mouvement apparu en Jamaïque à la fin des années 1970, elle explore les mécanismes de l’affirmation des identités à travers les contre-cultures urbaines. Les postures, les accessoires, les lieux de fêtes et de compétitions intéressent l’artiste depuis son adolescence, notamment pour leur puissance émancipatrice. Évoluant en marge de la culture dominante, ces gestes et ces représentations se construisent avec et en réaction à des images préconçues, colonisées, sexualisées et politiques du corps.

Aïda Bruyère poursuit ces recherches au Palais de Tokyo avec une installation inspirée d’une boîte de nuit. Mais de cet espace social qui s’organise autour de l’énergie des corps rapprochés, de la musique et de l’ivresse, il ne reste que quelques images et objets. C’est d’abord la crise économique au Mali qui a conduit l’artiste à s’intéresser, dans le cadre de cette exposition, à l’abandon des lieux de sociabilité nocturne. Leur fermeture à l’échelle internationale depuis 2020 et la distanciation physique forcée apportent aujourd’hui un autre éclairage à son projet.

La profusion d’images caractéristique du travail plastique et éditorial d’Aïda Bruyère cède le pas à l’expérience d’un espace en apparence vide, tel qu’il pourrait être après une fête ou en période de fermeture. Seules quelques représentations de corps féminins y apparaissent, comme des images de femmes érotisées et schématisées qui servent de décor de clubs et d’illustration de flyers. La vie nocturne est aussi un moment où les expressions des identités se répondent, se contredisent et se construisent les unes par rapport aux autres. Aïda Bruyère nous tient un peu plus à l’écart de ce lieu de rassemblement et de sociabilité tandis qu’elle y affiche une programmation passée ou annulée, réunissant des DJs, des danseuses, des militantes, des féministes et des instagrameuses. Echappant au régime du visible, d’autres figures de femmes sont convoquées dans l’exposition et entrent en résonnance avec cette « magic line up », faisant état de multiples formes de créolisation et de pratiques d’autonomisation.

Commissaire : Adélaïde Blanc

Palais de Tokyo
13 Avenue du Président Wilson
75116 Paris
 
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